En conscience, je refuse d'obéir...

Les désobéisseurs

  

Le mouvement des enseignants-désobéisseurs, qui a surgi à l'automne 2008, est totalement inédit dans sa forme comme dans sa dimension.

Tout est parti de la lettre d'Alain Refalo, adressée à son inspecteur et intitulée En conscience, je refuse d'obéir ! Comme secoués par un électro-choc, des milliers de professeurs des écoles, ont, à leur tour, informé leur hiérarchie par voie de lettres, personnelles ou collectives, qu'ils entraient en désobéissance ouverte contre des réformes néfastes et qu'ils en assumaient les conséquences.

En effet, cette résistance dite "pédagogique" s'est cristallisée sur de lourds dispositifs autoritairement imposés par le Ministre ; ceux-ci ont profondément heurté la conscience de nombreux enseignants qui réalisaient ne plus pouvoir participer par leur silence complice, ou leur coopération active, à ce qu'ils estimaient être la déconstruction de l'école publique. Ce mouvement se poursuit et s'enracine.

Cet ouvrage se veut une contribution pour mieux comprendre le sens et la portée de ce mouvement. Il analyse les réformes qui menacent aujourd'hui l'école de la République, et y répond par des actions et des contre-propositions étayées par la pratique des enseignants. Véritable manifeste établi par celui qui a initié cette résistance, ce texte argumenté et engagé s'adresse tant aux enseignants du primaire qu'aux parents d'élèves et aux citoyens soucieux de l'avenir de l'école publique.

En conscience, je refuse d'obéir est un plaidoyer contre la fatalité et la résignation, un vibrant appel non-violent à l'insurrection des consciences ; il ne s'agit ni plus ni moins que dessiner et construire un avenir pour l'école, non pas sous le signe de la compétition et de la rentabilité, mais aux couleurs de la générosité et de l'espérance.

http://enconsciencejerefusedobeir.blog4ever.com/blog/index-376513.html

lettre d'alain Refalo

 





 
LA CHARTE



ouvrezla.jpgLes « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse
de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d'y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :


1. respecter les droits de l'enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l'épanouissement et au développement harmonieux de l'enfant.

2. favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

3. contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d'automatismes.

4. apprendre à s'exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d'échanges.

5. assumer une autorité éducative, opposée à l'autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

6. réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement les progrès des élèves et de favoriser l'estime d'eux-mêmes.

7. créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents...) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d'apprentissage et à surmonter ses difficultés.

8. promouvoir une réflexion sur l'aménagement du temps de vie de l'enfant à l'école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques.


En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d'éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants.

 

http://www.resistancepedagogique.org/signatures/?petition=3

http://www.dailymotion.com/video/xbj0f3_charte-de-la


desobeisseur-copie-1.png25 janvier 2010

 

Bobigny, 24 janvier 2010. — Les collectifs départementaux opposés au fichage des enfants se sont retrouvés les 23 et 24 janvier 2010, à Bobigny, pour une troisième rencontre nationale, au cours de laquelle le Collectif national de résistance à base élèves (CNRBE) a réaffirmé ses positions.

Le CNRBE se félicite de l’audience croissante rencontrée par ses positions au sein de la population : plus de 1800 plaintes de parents d’élèves déjà déposées, en collaboration avec les avocats du Syndicat des Avocats de France, auprès de 37 tribunaux de grande instance ; de nouveaux dépôts sont prévus – notamment  pour le 19 mai 2010.

 

Le CNRBE se félicite de l’écoute et de l’attention toujours plus grande dont il bénéficie de la part de parlementaires, d’associations, de syndicats et de mouvements pédagogiques.

Le CNRBE déplore l’absence de prise en considération par le ministère de l’Education nationale des recommandations du Comité des Droits de l’Enfant concernant le fichage des enfants.

Le CNRBE rappelle qu’il est incomprehensible que dans un contexte de débat de société sur le fichage, des Inspecteurs d’Académie puissent poursuivre dans la seule voie des menaces et des sanctions, des enseignants qui respectent les recommandations de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Le CNRBE s’inquiète de plusieurs évolutions récentes. Notamment de l’apparition dans la proposition de loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit, d’un article banalisant les échanges d’informations ou de données entre administrations, et également de la création d’un «livret des compétences» (Bulletin Officiel de l’Education Nationale, 7 janvier 2010 [1])

Le CNRBE dénonce avec force une entreprise irrégulière de fichage qui s’appuie sur une immatriculation obligatoire et centralisée des enfants dès l’âge de 3 ans et pour 35 ans créée par la Base Nationale des Identifiants Elèves. Afin que les données relatives aux enfants recueillies dans le cadre de leur scolarité  bénéficient d’une véritable protection, le CNRBE demande que les données nominatives des enfants ne sortent pas de l’école.

 

C’est pourquoi le CNRBE a fixé au samedi 27 mars la date d’une journée nationale d’action contre le fichage des enfants [2], pour demander une vraie protection des données relatives aux enfants recueillies dans le cadre de leur scolarité.



ON NE FICHE PAS NOS ENFANTS !
CNRBE


COMMUNIQUE
  du Réseau des enseignants du primaire en résistance.
 
Nous sommes heureux d'apprendre qu'aujourd'hui, lundi 25 janvier, nos collègues Erwan Redon et Gilles Lehmann réintègrent leurs classes dont ils avaient été abusivement soustraits .

Le premier, suite à une décision du Tribunal Administratif de Marseille jugeant illégale sa sanction de déplacement d'office et le second, suite à un recul de L'Inspection Académique  de Limoges.
 
Dans le premier cas, l'administration a sanctionné abusivement l'enseignant marseillais pour avoir exercé sa liberté pédagogique, dans le second cas, elle l'a relevé de la classe pour de simples déclarations d'intention de ne pas respecter à la lettre le protocole d'évaluation nationale des CM2.
 
Une conclusion s'impose : l'administration crispée et autoritaire de  l'Education nationale n'hésite pas à se mettre hors la loi pour tenter de faire plier ceux qui contestent ses directives alors que les enseignants-désobéisseurs ont été  respectueux des lois de la République et des droits des enfants.
 
Nous  dénonçons donc l'utilisation partisane du droit, systématiquement désavouée d'ailleurs par les tribunaux administratifs, qui est faite par l'Etat contre les résistants pédagogiques et nous appelons à poursuivre cette résistance dans l'objectif toujours renouvelé de l'intérêt de nos élèves, en particulier des plus en difficulté.

 www.resistancepedagogique.org




On ne fiche pas nos enfants

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